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Les falaises | Résidence de création

Adaptation pour la scène d’après le roman de Virginie DeChamplain

  • Sortie de résidence
  • Vendredi 27 novembre, 17 h 30
  • Quai des Arts, 774 Boulevard Perron   
  • Contribution volontaire, sur réservation 
  • Discussion avec le public après la présentation

Dans sa volonté de soutenir la relève théâtrale, le Théâtre À tour de rôle est heureux d’accueillir en résidence de création l’équipe du projet «Les Falaises», du 23 au 27 novembre 2026.

Avec Les Falaises, Virginie DeChamplain est lauréate du Prix Jovette-Bernier 2020 et finaliste du Prix des Rendez-vous du premier roman 2020.

Cette semaine de création culminera en une sortie de résidence (contribution volontaire) devant public, le 27 novembre à 17 h 30 au Quai des Arts de Carleton-sur-Mer.

Résumé : C’est octobre et le corps de la mère de V. a été retrouvé sur une plage de Gaspésie. V. quitte alors son Montréal d’adulte pour regagner sa maison natale au bord du fleuve Saint-Laurent. Dans le rangement de la bâtisse et des souvenirs de sa mère, dans les vieilles boîtes en carton de la cave, elle découvre les carnets de sa grand-mère.  

Découvrez ce projet prometteur franco-québécois d’une équipe de créatrices de la relève qui portent à la scène une histoire de matrilinéarité et d’écoféminisme dans l’immensité des paysages gaspésiens.

CRÉDITS

Texte : Virginie Dechamplain
Adaptation : Virginie Dechamplain, Blanche Gionet-Lavigne
Mise en scène : Léa Guimier
Interprétation : Romy Bédard, Johanne Lebrun et Blanche Gionet-Lavigne
Création lumières : Manon Poirier
Scénographie et costumes : Loïse Beauseigneur
Accompagnement artistique et de production : Pascale Joubert

« J’ai une falaise au bord des lèvres. J’ose pas rouvrir les cahiers. Basculer dans son vide pour de vrai. Je sais qu’ une fois que je m’y serai mise je pourrai plus en sortir » 

Mot de la metteure en scène | Léa Guimier

C’est octobre et le corps de la mère de V. a été retrouvé sur une plage de Gaspésie, au Québec. V. quitte alors son Montréal d’adulte pour regagner sa maison natale au bord du fleuve Saint-Laurent. D’abord pour l’enterrement, les papiers, les politesses. Mais dans le rangement de la bâtisse venteuse et des souvenirs de sa mère, dans les vieilles boîtes en carton de la cave, elle découvre les carnets de sa grand-mère. Elle se confectionne alors une île au milieu du salon pour plonger dans l’histoire des femmes de sa famille, ces générations de femmes-mouvements, les découvrir, se comprendre, et mieux s’en éloigner. Se construire et se réparer, avec et contre elles.
Par l’adaptation du roman de l’autrice québécoise Virginie DeChamplain, c’est une épopée de femmes que je veux montrer, de chaos à dompter, de lignées, de fleuves et d’océans, de maisons qui craquent sous le sel et sous le vent – ici et à travers l’Atlantique, vers le théâtre et depuis le roman.

Extrait du roman

« J’AI TROUVE DES CAHIERS. […]
J’ai eu vite besoin de les ouvrir, de lire les dates dans les coins, les années qui passent en se racontant. Je les ai tous montés. Les ai placés par terre, en demi-cercle, autour de mon île. Je voulais les avoir tous devant moi, me trouver en plein centre. Le point où l’histoire part et d’ où elle revient.
Je me débouche une bière, la bois devant le plancher couvert des mots de ma grand-mère. Ses cahiers dans la cave. Sa vie sous l’ escalier. Il arrive cinq heures et un vent du nord se lève. Une personne saine d’esprit irait fermer les fenêtres et laisserait le froid dehors, mais moi je saute en bas de mon île pour aller ouvrir la porte. Je renverse un peu de bières dans les couvertes au passage. Je me fais une assiette du pâté chinois de Chloé, prend
pas la peine de le réchauffer. La mosaïque dans mon dos comme une promesse noire. J’ ai peur de ce qu’il y a dedans, de ce qu’ elle a trouvé à raconter toutes ces années. Impatiente de ces années de village de fond de rang, enroulées dans le temps qui roule, en silence à part le bruit des
vagues. Est-ce que je vais déterrer des morts qui dormaient dur, leur squelette mangé par les vers ? J’ai peur de la lire et de me lire, moi. De découvrir que rien a changé. Qu’on se transmet le temps d’ une génération à l’ autre sans que rien avance. Qu’ on s’aime à rebours, quand il est trop tard. Je fige un peu en me disant que pire, je vais peut-être rien ressentir du tout. »

Avec Les Falaises, Virginie DeChamplain est lauréate du Prix Jovette-Bernier 2020 et finaliste du Prix des Rendez-vous du premier roman 2020.

brûle/ est un collectif de comédiennes, autrices et metteuses en scène. Il est constitué de Nedjma Berchiche, Thelma Chollet, Léa Guimier et Pauline Passeri, quatre artistes pluridisciplinaires toutes
formées à l’EDT 91. Depuis 2022, elles s’inspirent des formes chorales dans leur fonctionnement comme sur scène, privilégient les écritures contemporaines et les récits qui éclairent notre époque. Dans ses spectacles, le collectif crée un terrain de jeu pour une parole indocile et des corps qui s’ embrasent. Leurs créations se déploient au-delà des plateaux : elles investissent les espaces non dédiés et mènent des actions culturelles auprès de publics variés. À travers des ateliers de pratique
théâtrale, /brûle/ développe un langage commun qui cultive l’écoute, la polyphonie et la puissance collective. Le collectif brûle est accueilli en résidence au Sud-Est Théâtre/Grand Orly Seine Bièvre.

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